La paysannerie moyenne : haricotiers, artisans ruraux, vignerons, jardiniers ; 3. Prix : 580 € La condition des femmes au 17ème siècle (exposé de Patricia) Au XVII siècle les nobles s'habillent. pouvoir. Mais parce que les archives des manor courts nous disent qui étaient les copyholders mais non qui cultivait la terre, les historiens ne savent pas précisément la taille réelle des exploitations dans les villages de copyholders. En Angleterre comme ailleurs, les paysans sont plus souvent exploitants (locataires ou tenanciers du sol) que propriétaires. J’ai passé toute mon enfance à la campagne, ma femme a vécu à la ville. Ils ont le monopole des grandes fermes et des recettes seigneuriales (affermage des dîmes, marchés de coupe de bois, commerce des grains et des bestiaux, prêts à intérêt, commerce des rentes). Au XVII° siècle, la majorité des Européens vit des activités agricoles de la campagne. 36Comme pour les deux autres pays, se pose la question des critères les plus pertinents à prendre en compte pour mesure la richesse des paysans. Plus souvent, ces laboureurs moyens ont une exploitation plus équilibrée, combinant élevage, culture céréalière et viticole et quelques activités annexes, comme le commerce des denrées agricoles, le prêt d’argent ou de denrées, le transport. Le roman comique au 17ème siècle. Familia y reproducción social en la Sierra. Duby Georges et Wallon Armand (dir. Pour en savoir plus, consultez notre Politique de confidentialité. Paris profite de cette nouvelle effervescence et devient une capitale culturelle européenne. Pour un certain nombre de membres de ce groupe, une certaine ascension sociale est possible, en entrant dans l’Église (curés), en faisant des études (notaires), en pratiquant le commerce. Cette solution est adoptée dès la fin du xvie siècle par les plus riches et par les laboureurs aisés vers 1650. xvi-xviii), Ciudad Real, Instituto de Estudios Manchegos, 1986, p. 283. cit., p. 213-242. Le meilleur exemple de cette attitude est peut-être celui de don Gonzalo Muñoz Treviño de Loaisa, regidor perpétuel de Ciudad Real, mort en 1670, dont la propriété ne dépassait pas 180 ha qu’il cultivait avec 80 paires de bœufs et 3 de mules, mais qui avait privilégié l’élevage. 21 López-Salazar J., « Una empresa agraria capitalista en la Castilla del xvii : la hacienda de d. Gonzalo Muñoz Treviño de Loaisa », Hispania, n° 148, 1981, p. 355-407. Antoine, Annie, et Cédric Michon. Toutes ces activités génèrent des revenus substantiels. Le paysan le plus aisé y est le métayer (comprendre par là celui qui exploite une exploitation appelée métairie) : il possède l’attelage et la charrue et il laboure pour le closier qui n’a ni bêtes de trait ni matériel autre qu’à bras. 70C’est à partir de cette constatation qu’il a élaboré la notion de dépendance des paysans35 en définissant deux seuils essentiels. Les plus expérimentés et habiles avaient le titre et la fonction de mayoral, chef de culture en quelque sorte, puis venait l’ouvrier, appelé garçon (mozo) et, enfin, le plus jeune, appelé zagal. En effet, je suis gouverné par des lois auxquelles je donne mon consentement ; et ni ma vie, ni ma liberté, ni mes biens ne me sauraient être retirés conformément à la loi. Puissance de l'État, contrôle de la société, sous la direction de Bély Lucien. Les sociétés rurales. 25Pour terminer, il faut nous interroger sur le mode d’exploitation des grands domaines des élites de la Manche au xviie siècle : pourquoi une si large proportion d’entre eux font valoir par eux-mêmes au lien de donner leurs terres à ferme ? La vie urbaine au Moyen Âge, avec l'expansion des communes et la description de Paris 2. [...], [...] L'artisan réclame une somme d'argent en échange. Les seuils sont variables en fonction des caractères de l’agriculture de chaque région. Vivre À La Campagne Au Moyen Age : L'habitat Rural Du Vème Au Xiième Siècle (Bresse, Lyonnais, Dauphiné) D'après Les Données Archéologiques pas cher En utilisant Rakuten, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant de vous proposer des contenus personnalisés et de réaliser des statistiques. The Transformation of the Agrarian Economy, 1500-1850, Cambridge, CUP, « Cambridge Studies in Historical Geography, 23 », 1996, xiv-258 p. Ruggiu François-Joseph, L’Angleterre des Tudors et des premiers Stuarts, 1509-1660, Paris, SEDES, 192 p. Scott William, The Peasantries of Europe, from the Fourteenth to the Eighteenth Centuries, Londres/New York, Longman, 1998, 416 p. Wrightson Keit, English society, 1580-1680, New Brunswick, Rutgers University Press, 1992, 1246 p. Barbazza Marie-Catherine, La Société paysanne en Nouvelle-Castille. Ce sont les brassiers et journaliers de Tourraine, les journaliers du Maine, les bêcheurs et hommes de peine de l’Anjou… Ce sont aussi de très nombreux salariés plus ou moins spécialisés que l’on rencontre en pays de grande culture, hommes à tout faire mais aussi charretiers et bergers. Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle, LAmérique dans les têtes : un siècle de fascination et daversion, de D. Lacorne, J. Rupnik et M. F. Toinet, 1986, Quels présupposés théologiques pour la philosophie de lhistoire ? La figure du grand fermier n’est donc pas absente de cette région ; elle est plus rare en Vieille-Castille où les grands domaines, surtout ecclésiastiques, sont rarement d’un seul tenant et où les terres sont affermées par petits lots. Même s’il est difficile d’en donner le nombre exact ou même approximatif, on peut facilement penser qu’ils sont nombreux et que le phénomène est probablement plus important qu’en France. Ils disposent souvent d’une vache, de quelques moutons et porcs, ils récoltent un peu d’orge, de froment, de pois. Familia y reproducción social en la Sierra (Alcaraz, siglo xviii), Madrid, ministère de l’Agriculture, 2000, 388 p. López-Salazar Pérez Jerónimo, Estructuras agrarias y sociedad rural en la Mancha (ss. C’est un trait qui n’est pas propre à la Manche, mais se retrouve partout, qu’il s’agisse d’animaux transhumants ou de moutons communs, restant sur place, comme le montre l’exemple de la Vieille-Castille, où si les éleveurs sont plus nombreux que dans la Manche (autour de 50 % des habitants) la plupart d’entre eux n’ont que des troupeaux minuscules12. Siglos xviii-xx, t. I : Campesino y pequeña explotación, Barcelone, Crítica, 1991, p. 249. Grandes étendues en friche, énormes récoltes d’orge, tout cela ne pouvait que favoriser l’élevage du gros bétail, notamment des équidés, mais les grands éleveurs ne sont qu’une minorité : 13 possèdent plus de 50 têtes, le but étant essentiellement de produire des mules, animaux de trait et de bât, dont les débouchés sont assurés. Celui de labrador (laboureur), par exemple, peut désigner aussi bien un paysan aisé qu’un ouvrier agricole ; il est d’ailleurs absent des sources de l’époque. Il existe en effet une utilisation large du terme : certains auteurs appellent husbandmen tous les roturiers qui possèdent et travaillent la terre. S’il décrit une société formée de trois groupes (les « petites gens », le « groupe charnière des laboureurs moyens et des marchands ruraux » et « le monde clos des marchands-laboureurs »), il insiste sur la forte polarisation interne de cette société. Lors du baptême l'enfant est oint d'un saint chrême ce qui marque son entrée dans la Chrétienté. La pratique de l’endogamie matrimoniale permettait de sauvegarder certains patrimoines. Au XVIIe siècle, les scientifiques ne cessent de communiquer. 64Dans les campagnes françaises d’Ancien Régime, tous furent plus ou moins agriculteurs, Pierre Goubert l’a écrit il y a maintenant près de 50 ans : tous travaillèrent la terre, avec plus ou moins de matériel, plus ou moins d’animaux, et plus ou moins de chance. ), Señores y campesinos…, op. Le statut de fee simple donne la totalité de la propriété ; celui de fee tail fait quelques restrictions sur la transmission par héritage (la transmission sans payer de droit ne se fait qu’en ligne directe). Les familles riches ont une aisance ancienne et solide ; il s’agit de dynastie dont il suit la trace depuis le xve siècle. Comme les husbandmen, ils se prolétarisent au xviie siècle, évolution qui se poursuivra au xviiie siècle. Quoi qu’il en soit, la part des influences économiques et la capacité à augmenter les paiements pour les terres en freehold et en copyhold à la fin du xviie siècle diminua sensiblement la part de la terre dans la formation de la richesse. Repris dans Goubert Pierre et Roche Daniel, Les Français et l’Ancien Régime, Paris, Colin, 1984, t. 1 : La Société et l’État. 52Au sens strict, selon les juristes contemporains, le yeoman est celui qui possède et travaille une terre en freehold rapportant au moins 40 shilling ou plus de revenu par an (c’est ce qui l’autorise à voter). 17Ces différentes catégories se retrouvent, dans des proportions diverses, dans toutes les régions d’Espagne et d’ailleurs ; elles forment toujours une forte proportion des effectifs des villages. Ce sont enfin des questions d’évolution, particulièrement sensibles dans le cas de l’Angleterre qui connaît une croissance rapide dès le xviie siècle et une évolution du statut de la terre. 65Dans ce chapitre, nous nous attacherons moins à décrire ce qui fit l’unité de la société rurale qu’à mettre en lumière ses hiérarchies internes et ses évolutions au cours du siècle. Détails Institutions. Béaur Gérard (dir. Un guide bibliographique critique. L’originalité de ces structures sociales c’est l’existence d’une catégorie moyenne de paysans (les closiers ou les bordagers) et son importance numérique. » figurant sur la tranche de la planche posée sur un tonneau pour servir de banc. Magnifique Logis du 17ème siècle, rénové, comprenant deux habitations. Ceci induit l’idée – partiellement juste mais aussi un peu trop réductrice – d’un monde homogène, différent du reste de la société. 4Que l’Espagne soit diversité, nul ne peut le nier2 ; les variations géographiques du seuil d’indépendance en sont le premier indicateur (il s’agit de la superficie théoriquement nécessaire pour faire vivre une famille paysanne en année normale). Habakkuk Sir H. John, « La disparition du paysan anglais », Annales ESC, xx,4, juillet-août 1965, p. 649-663 ; rééd. 28Or, cette évolution favorable ne se produisit pas : la production de céréales, surtout celle de blé, baissa plus rapidement que la population. Ces changements sont tels que dans le diocèse de Tolède, où les inégalités sociales sont beaucoup plus fortes, le mouvement de la production est totalement dissocié de celui de la population : alors que celle-ci ne baisse pratiquement pas au cours du siècle (10 % environ par rapport à la fin du xvie siècle), celle-là est divisée par deux. authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. Les comtés proches sont particulièrement touchés, mais, du fait du cabotage, la demande touche tout le pays. 1715 correspond à la fin d’une époque, le peuple est soulagé que leur despote soit mort. 50L’évolution du statut des terres a donc contribué à modifier la structure sociale du pays en même temps que l’image du monde rural : au cours du xviie siècle, selon l’expression employée par Bernard Cottret, l’Angleterre est en train de devenir « une nation de freeholders ». 27 Broad John, « The fate of the Midland yeoman : tenants, copyholders, and freeholders as farmers in north Buckinghamshire, 1620-1800 », Continuity and Change, 14, 3 (1999), p. 325-347. A la campagne; Les Authentiques; Luberon; Magnifique Mas du 17ème siècle à vendre dans le Luberon, bénéficiant d'une très jolie vue panoramique sur ses terres de 13 ha avec une piscine 15 x 5m. Partout l’inégalité règne ; parler de paysan ne signifie pas grand chose, si ce n’est de désigner quelqu’un qui travaille la terre. 18 Barbazza Marie-Catherine, La Société paysanne en Nouvelle-Castille. Les difficultés proviennent de la distinction ville-campagne, pas si évidente qu’on pourrait le croire a priori, de la définition des catégories sociales (qu’on les appelle classes, groupes ou catégories socioprofessionnelles) choisies par l’historien en s’appuyant soit sur des données socioéconomiques, soit sur des critères juridiques, soit sur le vocabulaire de l’époque – vocabulaire dont la précision laisse à désirer, notamment parce que ces catégories varient dans le temps et dans l’espace, mais aussi au long de la vie d’un individu – ou sur les trois à la fois. Aussi voit-on les paysans diversifier leurs revenus, se tourner vers des activités demandant moins de main-d’œuvre comme l’élevage ou permettant d’utiliser à plein leurs animaux, comme le transport, ou bien placer leur argent en rentes constituées. Les thèses de Alan Macfarlane sur la propriété et l’héritage (The origins of English Individualism)25ont été critiquées à juste raison car elles s’appuyaient sur un cas trop particulier et reposaient sur des comparaisons européennes inadéquates. Le blé qui dominait largement au xvie siècle, et avait même accru sa part relative, dans un pays où l’on ne mange que du pain blanc, commence à céder rapidement du terrain au profit de l’orge et même du seigle. Parmi la rémunération des bergers figurait souvent le droit d’inclure dans le troupeau du maître un certain nombre d’animaux. Localement cette catégorie moyenne représente soit la quasi-totalité de la catégorie des paysans (paysanneries de l’Ouest et du Sud-Ouest) soit une tranche intermédiaire entre fermiers et salariés. Ce souci de tout voir par lui-même en fait le « prototype du bourgeois campagnard », il lui valut une forte inimitié de la part de son fils qui voulait vire en rentier21. Or, la brusque baisse de la population ne va pas tarder à inverser les termes de la demande : dès 1630 le blé ne vaut plus que 1,7 fois plus que l’orge. Il est attaché durablement à une exploitation (les journaliers se louent pour 6 mois ou pour une année mais ils peuvent rester plusieurs années sur la même exploitation). (Eds.). On y fera entrer les « haricotiers » du Beauvaisis, les « laboureurs à demi-charrue » (une charrue = environ une trentaine d’hectares) évoqués par Jean Jacquart, les « ménagers » du Sud de la France43 et la majeure partie des métayers, les closiers et bordagers de l’Ouest de la France44. Certains documents utilisent ce terme dans un sens générique pour désigner tout simplement celui qui travaille la terre. Le garçon est élevé par les femmes jusqu'à l'âge de 7 ans. Parmi ces journaliers, beaucoup exerçaient une autre activité et notamment, les petits paysans. Le terme de tenure libre (free tenures) s’applique aux tenures régies par la loi commune (common law) pour lesquelles les services à accomplir par le tenancier sont fixes à la fois en nature et en durée. Ceci repose implicitement sur l’idée que, dans la société ancienne tout est harmonie ; nier les catégories, c’est effacer les conflits et présupposer une société où les solidarités l’emportent sur les oppositions, cela revient à effacer les inégalités sociales, à considérer les ruraux et même les paysans, comme un groupe homogène, ayant les mêmes intérêts, ce qui n’est pas, à l’évidence, conforme à la réalité. Coiffure femme 17eme siecle. 58Les labourers (ne surtout pas confondre avec ce que l’historiographie rurale française appelle « laboureurs », ce sont des journaliers qui correspondent assez bien à la définition qu’en donne Vauban en France) sont des travailleurs salariés payés à la journée ou à la semaine ; ils vivent à la limite de la pauvreté et doivent parfois bénéficier de la Pour Tax (voir chapitre sur les pauvres). [...], [...] La jeunesse est presque toujours organisée en abbaye de jeunesse. [...] Il y a une pression fiscale royale au XVIIe siècle. 37On ne parle pas en Angleterre de seigneurie mais de manoir (manor). Mais comme cela a déjà été observé pour l’Espagne et pour l’Angleterre, si la construction d’un modèle pour l’ensemble du pays est nécessaire elle est aussi dangereuse : en effet, les différences régionales sont considérables et les hiérarchisations sociales n’ont de sens que rapportées à des modèles agraires régionaux. ), Campagnes de l’Ouest. Les gros producteurs les suivent d’ailleurs sur ce terrain, car le marché est porteur : le blé se revalorise par rapport à l’orge. L'ondoiement est pratiqué par la matrone quand les enfants sont en mauvaise santé sinon le baptême se fait dès les premiers jours. [...], [...] Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle Naître et être jeune 1.1 ) La naissance A cette époque les conditions de l'accouchement étaient très délicates. Ce grand tableau fut réalisé à la fin du règne de Louis XIII, comme latteste linscription « LENAIN. C’est que le xviie siècle connaît une forte baisse de la rentabilité du fermage qui est divisée par deux (et même un peu plus) entre le début du siècle (indice 100) et les années 1660-1700 (indice 46). Les historiens ruralistes français ont largement décrit le cadre de vie et les activités des paysans français d’Ancien Régime : un horizon le plus souvent limité au triptyque classique constitué par la famille, la paroisse et la seigneurie, la nécessité de recueillir des grains d’abord pour survivre et aussi pour s’acquitter de ses taxes envers le roi, le clergé et le seigneur, des possibilités d’ascension sociales somme toute assez limitées et, au xviie siècle surtout, la crainte des trois fléaux récurrents que furent la guerre, la famine et l’épidémie. 47Les freeholders : tiennent la terre en fee simple, sous le régime de la common law et non de la coutume manoriale. Donc en Angleterre non plus, et peut-être encore moins en Angleterre qu’ailleurs, le paysan n’est pas propriétaire de sa terre : il la tient plus qu’il ne la possède et souvent il la loue plus qu’il ne la tient. On sait en effet que la baisse des salaires est moins rapide que celle des prix, surtout en période de baisse de la population. Mais il faut se rappeler que la paysannerie française ne possède pas plus de 40 % du sol à la veille de la Révolution. La fin du 16esiècle, en Italie, est marquée par une dualité stylistique entre le baroque, dont le chef de file est Caravage, et un retour au classicisme de la Haute Renaissance avec les Carrache (Carracci). Le père Noël : au début du XIXème siècle, les gens disaient que c'était le petit Jésus qui distribuait les cadeaux. Ils constituent à la fois un itinéraire de recherche et l'exploration minutieuse d'une région : la Touraine des xviie et xviiie siècles. Le grand fermier existe donc dans cette région aussi : plus du tiers (36 %) des exploitations louées à Ciudad Real entre 1600 et 1700 ont plus de 60 ha de terres labourables (le reste n’est pas spécifié) et une sur huit (13 %) à 100 ha, de quoi utiliser à plein temps trois ou quatre paires de mules, et c’est effectivement six mules dont dispose le seul de ces fermiers qui apparaît dans les inventaires. Elle varie aussi avec la taille des exploitations au sein de la paysannerie. Il n’est pas sûr que la Lorraine de Guy Cabourdin42 en abrite beaucoup et dans le Sud et l’Ouest de la France, on peinerait à trouver l’équivalent exact de ces « gros fermiers ». Si l’on ne se contente plus des mots, on peut encore aller chercher des critères d’ordre honorifiques (les « maîtres », « sieurs »…) et/ou des critères de richesse révélés par les rôles fiscaux ou les inventaires après décès. La naissance est réservée aux femmes de la maison avec notamment la matrone, une sorte de sage-femme … cit., t. II, p. 221-223. Les tenures non libres tendent donc à devenir des tenures concédées pour un temps déterminé comme le sont une partie des tenures libres. 5 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, 1993, 502 p., voir p. 190. 24 Overton Mark, Agricultural Revolution in England. On lui empruntera ce petit extrait du Catéchisme du freeholder de 173328 : « Qui es-tu ?– je suis Untel, freeholder de Grande-Bretagne.De quels privilèges jouis-tu en tant que freeholder de Grande-Bretagne ?– en tant que freeholder de Grande-Bretagne, je jouis d’une reconnaissance civile plus considérable que le plus grand des sujets d’un Prince arbitraire. On peut supposer qu’ensemble, ils forment plus de la moitié des chefs de famille, soit une proportion semblable à celle qui peut être calculée pour la région de Séville (autour de 60 %)14, mais bien supérieure à celle que l’on rencontre en Vieille-Castille (autour de 20 %)15. Elles conduiront au xviiie siècle au déclin des yeomen devant les farmers et à la multiplication de la main-d’œuvre salariée. Il est certain que la mise en valeur de ces biens varie avec la résidence ou le statut social : les citadins, qu’ils soient artisans ou qu’ils appartiennent à des groupes sociaux plus huppés, recherchent les cultures spéculatives destinées au marché. Ils peuvent marier leurs filles à la gentry locale qu’ils fréquentent. Pensée par des étudiants, la plateforme Pimido utilise des outils de détection anti-plagiat pointus, permettant l'analyse et l'optimisation de contenu rédigé par des étudiants ou des professionnels. Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle Naître et être jeune 1.1 ) La naissance A cette époque les conditions de l'accouchement étaient très délicates. Salamanca, 1780-1840 », Saavedra Pegerto et Villares Ramón (dir. les mêmes intérêts ? Le processus a été décrit par Gérard Béaur dans un article publié en 1999 lors de la préparation du colloque « Campagne de l’Ouest32 ». Les petits propriétaires cherchent à valoriser leur lopin par une culture intensive (vigne, par exemple) alors que ceux qui peuvent espérer vivre sur leur bien privilégient les céréales. Sous l'Ancien Régime, on pratique beaucoup l'homogamie sociale (un labour avec une fille de labour Il y a toujours une stratégie familiale qui encadre le mariage. Ils disposent de quelques acres dont ils complètent les revenus par une activité artisanale et des droits dans les wastes et les commons. Ceci permit de survivre à toute une population qui, dans certaines régions, pratiquait une pluriactivité de survie : élevage d’une vache et/ou de quelques moutons sur les commons et activité artisanale (textile souvent) dans le cadre du domestic system. Ce mouvement est engagé dès la seconde moitié du xviie siècle mais il ne faut pas pour autant exagérer le mouvement de disparition des petites fermes familiales qui restent nombreuses dans l’Ouest et le Nord du pays. Ne généralisons pas toutefois hâtivement, puisque dans les montagnes du León, une zone où les structures sociales sont moins inégalitaires et les pâturages plus abondants, seul un habitant sur cinq n’a pas de bovins et un sur quatre pas de moutons13. 1974 (repris dans Les Français et l’Ancien Régime, en collaboration avec Daniel Roche, Paris, A. Colin, 1984, vol.1 : La société et l’État). Sous Louis 14, c’est l’âge d’or de la gastronomie, du made in France et de la mode. Passons à table ! Une livre tournois correspond à 20 sols. Pimido, c'est 20 ans d'expérience dans la rédaction, l'optimisation, l'achat et la vente en ligne de documents. Stratigraphies et relations sociales dans l’histoire, Rennes, PUR, 1999, p. 17-20 ; Jessenne Jean-Pierre, « La recomposition des différentiations sociales dans la France rurale du Nord-Ouest par-delà la Révolution », id., p. 21-44 où cet auteur propose la distinction de cinq « classes rurales ». Si le cadre de départ est semblable (domaine appartenant en propre au seigneur, mouvances sur lesquelles il a la directe, donc des droits sur la terre et les hommes qui l’exploitent) la différence tient au fait qu’alors qu’en France ou en Espagne cette situation apparaît figée pendant tout l’Ancien Régime, en Angleterre elle est évolutive. À la même époque apparaît un nouveau mode de concession des terres non libres : le beneficial lease qui garantit la terre pour un certain nombre d’années, une vie ou une partie de vie. Certains auraient bien voulu voir instaurer le droit d’aînesse, comme le montre la présence de deux ouvrages sur ce sujet chez un de nos laboureurs, mais cela n’était pas possible. 9 López-Salazar Pérez Jerónimo, Estructuras agrarias…, op. Ce sont d’abord des questions de vocabulaire : les paysans anglais sont des freeholders, farmers, husbandmen, cottagers, servants, labourers… On pourra évidemment ne pas traduire les termes mais il faudra bien cependant leur donner des équivalents, or toutes choses ne sont pas égales. La nature des services n’est pas fixée mais, depuis le xve siècle, elle prend la forme de paiements en argent et non de corvées en travail. French H. R. et Hoyle Richard W., The Character of English rural society : Earls Colne, 1550-1750, Manchester University Press 2007. Ce qui fait que, dans la pratique, les régisseurs de seigneuries divisent les hommes en trois catégories : les customary tenants, les freeholders et les leaseholders. Il faudrait ajouter aux céréales les vignes et les oliviers, plus de 10 ha pour la moitié d’entre eux, et l’élevage. Quelques copyholders peuvent transmettre la terre comme ils le veulent et ont des entry fines et des heriots (mainmorte) fixes ; par contre, sur d’autres seigneuries, les entry fines sont arbitraires, les droits augmentent et les tenanciers n’ont pas le droit de nommer leurs successeurs. Dans le Beauvaisis du xviie siècle, ces « indépendants » mettent en valeur plus de 10 ha ; ils sont des entrepreneurs de culture pourvus d’un capital d’exploitation, ils utilisent des salariés, ils sont alphabétisés et appartiennent au corps politique. Beaucoup de cottagers qui n’avaient pas de tels droits furent autorisés par la communauté villageoise à en user parce que, sinon, ils auraient eu besoin de l’assistance de la paroisse. En cliquant sur OK, vous acceptez que Pimido.com utilise des cookies ou une technologie équivalente pour stocker et/ou accéder à des informations sur votre appareil. 79Trois cas se présentent. FECIT. Il en va de même dans les régions de montagne : dans la Sierra de Alcaraz, en 1753, plus de la moitié des habitants ne possèdent ni terre (51 %), ni animaux de trait (78 %), ni gros bétail d’élevage (51 %), ni menu bétail (56 %) et parmi cette petite moitié qui élève des moutons, la moitié en a moins de 5. « Pluriel », 1998, p. 55-73. Ce menu peuple des campagnes se caractérise par la quasi-nullité de ses possessions immobilières, la précarité de ses conditions de vie (absence de toute avance de provision et d’argent), un endettement profond, l’impossibilité de toute ascension sociale. Et il est bien clair que personne n’a pu proposer une grille applicable ici et là et à des époques différentes. Ils envoient leur fils à l’université, peuvent accéder aux professions libérales, ecclésiastiques ou du commerce. Vous pouvez paramétrer vos choix pour accepter les cookies ou non. Les tentatives faites pour utiliser des critères plus objectifs font surgir d’autres problèmes : comment déterminer le critère en question et selon quels seuils faire les découpages ? 15Les journaliers recevaient aussi une rémunération mixte, notamment les moissonneurs qui, outre une quantité d’argent, recevaient de quoi se nourrir : blé, vin, mouton, fromage, huile, légumes, etc., nourriture qui était préparée par les femmes qui accompagnaient les équipes de moissonneurs. Les registres de catholicité témoignent de cette détresse des pauvres et de cette polarisation de la société. Il n’est pas très grave que, comme souvent en France, les mots n’y désignent pas partout la même réalité. En Espagne, c’est une forte crise démographique qui termine le xvie siècle et se prolonge durant les trois ou quatre premières décennies du xviie. Ajoutons qu’ils pratiquent une forte endogamie sociale et locale, quand le village n’est pas trop peu peuplé, nouant souvent des alliances avec les mêmes familles18. "Discours des États de France", Guy Coquille (1588) : les États Généraux sont-ils une entrave à la souveraineté royale ? 46Ibid., Jupon : À partir du XVI e, où la jupe a désigné le vêtement de femme l’habillant de la taille au sol , le mot jupon a été employé tantôt comme « courte jupe mise sous les autres jupes », tantôt (à la fin du XVIII e siècle et au XIX e siècle de 1868 à 1890 environ) , pour désigner la jupe sur laquelle ouvrait la … Il contrôle l’emploi de nombreux journaliers, il est actif sur les marchés et il paie en général une part importante de l’impôt de sa paroisse. Il n’est pas exclu d’ailleurs que même de plus grands propriétaires prennent des terres en fermage, surtout au xviie siècle car le prix des baux est particulièrement bas. 19 Robledo Ricardo, « El ascenso de una burguesía agraria : los “granjeros”. Les bergers sont répartis selon les trois mêmes catégories que les domestiques et ils sont rémunérés de la même façon. ), Campagnes de l’Ouest, stratigraphies et relations sociales dans l’histoire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 552 p. 33 Lepetit Bernard, « Histoire des pratiques, pratique de l’histoire », Lepetit Bernard (dir. Tout d’abord parce que la loi commune gagne du terrain par rapport aux coutumes des seigneuries : le système des tenures fee ou for life, qui a d’abord été fait pour les terres libres, tend, au cours du xvie siècle, à être appliqué à des terres tenues en copyhold. Le gouvernement par grand conseil - extrait du Discours des Etats de France, 1588, de Guy Coquille, La monarchie française vue par un ambassadeur vénitien - Michel Suriano (1561) : La question des lois fondamentales et l'autorité monarchique, Discours : Les libertés nécessaires - Adolphe Thiers, La Révolution française (1789-1793) et la fondation d'un monde nouveau, Histoire économique et sociale à l'époque moderne - La traite des esclaves, Le siècle des Lumières en France, Angleterre et Allemagne, La mission du père Ricci en Chine selon Nicolas Trigault (1615) - La rencontre et le partage entre les cultures chinoises et européennes par l'intermédiaire des missions jésuites. 21La possession de terres étendues, plus de 250 ha en moyenne, et de troupeaux importants caractérise ce groupe, mais il faut bien distinguer entre ceux qui vivent comme des rentiers et ceux qui pratiquent le faire-valoir direct, avec l’aide de domestiques et de journaliers.