Le Télégramme du 20/12/2007

 

Carrière d'ardoises. Une mine d'or pour les plongeurs

carriere

20 décembre 2007

 

À Malansac, une carrière d'ardoises est inexploitée depuis plus d'un siècle. Un terrain de jeu inattendu à soixante mètres de profondeur, pris d'assaut par des plongeurs confirmés. L'hiver, Joël Gernier et Christian Bougeard s'y rendent presque chaque week-end. Des plongées extrêmes où ils sont confrontés à l'ivresse des profondeurs. Samedi, à 15 h, il fait -2º dehors. L'eau dans laquelle Joël Gernier et Christian Bougeard vont bientôt se jeter, est tout aussi fraîche, environ 7º. Les deux plongeurs, qui se sont liés d'amitié au club de Questembert (56), préparent minutieusement leur matériel. Tout est doublé : combinaison, bouteille, détendeur et masque. Pour lutter contre le froid mais aussi pour parer l'incident dans cette eau obscure. Leurs casques, avec lampes intégrées, leur permettront d'y voir plus clair. Mentalement, ils sont prêts, décontractés autant que possible. « Ce n'est pas une plongée anodine, comme on peut en faire dans le Golfe du Morbihan, explique Joël Gernier. Il faut une bonne dose de préparation, mentale et psychologique ». Cet enseignant de plongée troisième degré a pourtant plus de vingt ans d'expérience et compte plus de 200 plongées dans la carrière de Malansac. Deux fois plus que son partenaire. Ils ne sont que quelques initiés à se rendre dans cette carrière d'ardoises située sur une butte des Landes de Lanvaux, entre Malansac et Rochefort-en-Terre. Une carrière aux cinq puits mis en eau depuis l'arrêt de l'extraction, à la fin du XIX e siècle, la roche étant imperméable.

Matériels de guerre

« Le noir, la plongée sous plafond, le froid, l'ivresse des profondeurs que l'on doit contrôler et qui nous donne un effet narcotique » : autant d'explications qui montrent la difficulté de la plongée que Joël et Christian qualifient d'extrême. « Ce n'est pas le gouffre de Padirac mais quand même : 60 mètres de profondeur, c'est l'une des carrières les plus profondes de Bretagne ». L'ivresse des profondeurs ? « C'est comme un shoot naturel », décrit le plus jeune, responsable d'une plate-forme pneumatique dans le civil. Avec le risque de perdre les pédales. 16 h 15. Les deux plongeurs sont au bord de l'eau. Sous leurs pieds, le premier puits, qui descend à 58 m. Et les voilà partis pour 20 minutes d'exploration. « C'est un retour dans l'Histoire : on voit des choses que personne n'a vues depuis plus d'un siècle ». Du matériel utilisé pour l'extraction d'ardoises, en état de décomposition mais aussi des restes des deux guerres mondiales, des munitions, des bobines de détonateur. « On les laisse bien en place, on ne veut pas qu'ils explosent devant nous ».

« L'impression d'entrer dans une cathédrale »

L'été, l'eau salée du Golfe du Morbihan et ses multitudes de poissons. L'hiver, la carrière d'ardoises sans être vivant mais avec un décor naturel époustouflant. Vue de dessous, la carrière ressemble à une cathédrale. « On passe par des fenêtres et des tunnels pour passer d'un puits à l'autre. Rapidement, on tombe nez à nez avec une voûte de 2 m, qui ressemble à une stalactite. Sur le pan sud, en escalier, les bulles que l'on rejette partent en cascade », décrivent-ils. Un environnement qu'ils ont apprivoisé au fil des plongées. La première remonte à 1997. « C'est un site privé, on a demandé l'autorisation au propriétaire qui est un ami. C'est immense là-dessous : au début, on a fait des repérages avec un fil d'Ariane ». Une plongée, évidemment, qu'ils déconseillent aux non initiés. « Même un plongeur de niveau 4 peut être perdu ». Les plongeurs de niveau 4 intéressés peuvent contacter Joël Gernier au 06.86.81.01.40 ; courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

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